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Je ne veux plus être ingénieur : le parcours d’Emmanuelle Germain

« Je ne veux plus être ingénieur. »

Vous avez passé plusieurs années à étudier, obtenu votre diplôme et peut-être même décroché un poste que beaucoup considèrent comme une réussite professionnelle.

Pourtant, aujourd’hui, quelque chose ne va plus.

Vous vous ennuyez dans vos missions, vous manquez de motivation ou vous avez simplement l’impression de ne pas être à votre place.

Et une question revient régulièrement : « Après toutes ces années d’études, est-ce que j’ai vraiment le droit de changer de voie ? »

C’est une interrogation que connaît bien Emmanuelle Miezi Germain.

À 31 ans, lors de notre entretien, cette diplômée d’une école d’ingénieurs avait déjà connu plusieurs changements professionnels. Après avoir travaillé dans l’industrie énergétique en Guadeloupe, elle s’est tournée vers l’enseignement, puis l’entrepreneuriat.

Aujourd’hui, dans le cadre de ce témoignage, elle nous raconte comment elle est passée d’un parcours largement influencé par les attentes familiales à une activité de coach et formatrice business sur Instagram.

Comment a-t-elle osé quitter l’ingénierie ? Quelles difficultés a-t-elle rencontrées ? Et quels enseignements peut-on tirer de son parcours lorsqu’on envisage soi-même une reconversion professionnelle ?

En tant que psychologue spécialisée en orientation scolaire et professionnelle, je me suis intéressée à son histoire pour une raison particulière : elle montre qu’un parcours professionnel ne se construit pas toujours en ligne droite.

À travers notre échange, vous découvrirez les différentes étapes de sa reconversion, les obstacles qu’elle a rencontrés et les conseils qu’elle souhaite partager avec celles et ceux qui envisagent de changer de métier.

je ne veux plus être ingénieur

Pourquoi Emmanuelle ne voulait-elle plus être ingénieure ?

Avant de quitter l’ingénierie, Emmanuelle a suivi un parcours scolaire marqué par les attentes de son entourage. Entre médecine, classe préparatoire et école d’ingénieurs, elle a longtemps avancé dans une direction qui semblait logique aux yeux de sa famille.

Pourtant, ses aspirations personnelles étaient différentes.

Quel a été ton parcours scolaire avant de devenir ingénieure ?

Emmanuelle :

« Au lycée, j’ai préparé un bac scientifique, avec une spécialisation en physique-chimie. À l’époque, j’hésitais entre la médecine et l’ingénierie.

Mais, avec du recul, je me rends compte que ce n’était pas vraiment une aspiration personnelle.

Dans ma famille, les études occupaient une place importante. Mon père était médecin, ma mère enseignante et j’entendais régulièrement : “Tu seras médecin comme ton père.”

J’ai donc commencé par suivre cette voie. J’ai passé trois années en médecine, en Guyane et en Guadeloupe, avant de réaliser que ce parcours ne correspondait pas à ma vision de la vie.

J’ai ensuite envisagé une licence, mais ma famille m’a encouragée à intégrer une classe préparatoire d’ingénieurs puisque j’y avais été acceptée.

Ces deux années de prépa ont été très difficiles pour moi.

En revanche, mes trois années en école d’ingénieurs se sont beaucoup mieux passées. Je m’y sentais bien, presque comme dans une grande famille. »

À quel moment as-tu commencé à remettre en question ton avenir dans l’ingénierie ?

Emmanuelle :

« Le déclic est arrivé pendant mes études, lorsque j’ai suivi un module consacré à l’entrepreneuriat.

J’ai commencé à m’intéresser à cet univers et j’ai eu l’occasion de rencontrer plusieurs entrepreneurs, notamment Cédric Anicette.

Je me suis alors posé une question : “Pourquoi pas moi ? Si les autres réussissent, pourquoi je ne pourrais pas réussir aussi ?”

J’ai malgré tout terminé mes études et obtenu mon diplôme en étant major de promotion.

Mais je savais déjà que je n’avais plus envie de poursuivre dans cette voie.

Lors de mon discours de fin d’année, j’ai même dit à ma mère :

“Maman, mon diplôme, il est pour toi… Mais là, c’est fini !” »

Comment ta mère a-t-elle réagi lorsque tu lui as annoncé que tu ne voulais plus être ingénieure ?

Emmanuelle :

« Elle a paniqué !

Ma mère m’avait toujours répété que mon travail, c’était l’école et qu’une fois diplômée, je devais trouver un emploi.

Pour elle, c’était la suite logique.

Mais de mon côté, je commençais à remettre en question cette manière de voir les choses.

Je me demandais : “Jusqu’à présent, j’ai fait ce qu’on attendait de moi. Mais qu’est-ce que j’ai réellement envie de faire ?”

Je voulais prendre mes propres décisions et construire une vie qui corresponde davantage à mes aspirations.

Je pense que les parents veulent généralement le bien de leurs enfants, mais qu’ils peuvent aussi projeter leurs propres peurs sur leurs choix.

À un moment, il faut réussir à se renseigner et à choisir sa voie. »

Le regard de Christie : peut-on changer de voie après de longues études ?

Le parcours d’Emmanuelle met en lumière une situation que l’on peut rencontrer dans les questionnements d’orientation : avoir réussi ses études sans pour autant se reconnaître dans le métier auquel elles préparent.

Une personne peut obtenir de bons résultats scolaires, apprécier certaines dimensions de sa formation et découvrir progressivement qu’elle souhaite exercer une autre activité.

Cela ne signifie pas nécessairement qu’elle s’est trompée dans tous ses choix.

Les expériences vécues pendant les études peuvent aussi permettre de mieux identifier ses intérêts, ses valeurs et ses aspirations.

Dans le cas d’Emmanuelle, la découverte de l’entrepreneuriat a joué un rôle important dans cette réflexion.

Une question à vous poser : si vous faisiez abstraction du prestige de votre diplôme et des attentes de votre entourage, auriez-vous encore envie d’exercer votre métier actuel ?

La réponse peut constituer un premier point de départ pour réfléchir à votre avenir professionnel.

Comment Emmanuelle a-t-elle quitté l’ingénierie pour se reconvertir ?

Même après avoir compris qu’elle ne souhaitait plus poursuivre dans l’ingénierie, Emmanuelle a commencé sa carrière dans ce domaine.

Mais cette première expérience professionnelle a confirmé ses interrogations.

Tu as finalement travaillé comme ingénieure. Comment as-tu vécu cette expérience ?

Emmanuelle :

« J’ai commencé à travailler dans l’industrie énergétique, au sein d’une grande entreprise en Guadeloupe.

Et très clairement, je m’ennuyais énormément.

J’avais l’impression d’être un pion parmi d’autres. Ce qui me dérangeait particulièrement, c’était de ne pas percevoir le sens de mon travail ni les résultats concrets de ce que je mettais en place.

Je ne me reconnaissais pas dans ce fonctionnement.

En parallèle, j’ai commencé à développer une activité de commerce en ligne. Je voulais découvrir d’autres façons de travailler et voir s’il était possible de gagner ma vie autrement. »

Pourquoi t’es-tu intéressée au e-commerce ?

Emmanuelle :

« J’ai développé cette activité pendant environ deux ans, notamment durant la période du Covid-19.

Cette expérience m’a permis de découvrir l’entrepreneuriat et de comprendre qu’il était possible de générer des revenus en dehors du salariat.

J’ai même réussi à réaliser 3 000 € de ventes en 24 heures !

Mais tout n’était pas aussi simple.

Au départ, j’appréciais le fait de pouvoir travailler sans être particulièrement exposée et avec relativement peu de contacts directs avec les clients.

En revanche, je dépendais beaucoup de plateformes comme Facebook et de différents partenaires, notamment les influenceurs.

Je n’avais pas toujours le contrôle sur mon activité.

Je pouvais aussi me sentir isolée. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai rejoint des groupes d’entrepreneurs.

Et surtout, mes résultats financiers étaient très irréguliers. Malgré certaines bonnes périodes, j’ai rencontré des difficultés pour vivre durablement de cette activité.

J’ai fini par comprendre que ce n’était peut-être pas le domaine dans lequel je souhaitais poursuivre. »

Après l’ingénierie, tu es devenue enseignante. Pourquoi ce choix ?

Emmanuelle :

« À un moment, je n’en pouvais plus de travailler dans l’industrie.

Comme ma mère et ma sœur étaient dans l’enseignement, j’ai commencé à envisager cette possibilité.

Et puis, je donnais déjà des cours à mes neveux depuis plusieurs années.

Je me suis donc lancée et je suis devenue professeure contractuelle au lycée Charles Coeffin, en Guadeloupe.

Cette expérience m’a beaucoup plu !

J’avais enfin le sentiment que mon travail avait un impact concret.

J’aimais transmettre des connaissances, accompagner les élèves, les encourager et les aider à reprendre confiance dans leurs capacités.

J’appréciais particulièrement le contact humain.

C’était très différent de ce que j’avais vécu dans l’industrie.

Mais cette expérience s’est terminée en 2021. »

Pourquoi avoir quitté l’enseignement alors que ce métier te plaisait ?

Emmanuelle :

« L’Éducation nationale m’avait proposé de renouveler mon contrat.

Mais j’ai décidé de refuser.

À ce moment-là, je développais un projet d’agence de marketing digital avec deux associés. Nous souhaitions accompagner des entreprises dans leur communication.

Ma famille ne comprenait pas forcément cette décision, surtout parce que je renonçais à un revenu régulier.

Mais j’avais envie de me consacrer à cette nouvelle activité.

Au sein de l’agence, nous proposions plusieurs prestations : création de contenu, gestion des réseaux sociaux, publicité en ligne et visibilité sur Google.

De mon côté, je m’occupais principalement du community management et de la publicité sur Facebook.

Malheureusement, nous avons rencontré plusieurs difficultés.

Nous ne facturions pas suffisamment nos prestations, nous avions du mal à poser des limites avec certains clients et nous rencontrions des difficultés pour en trouver de nouveaux.

Finalement, notre entreprise a fermé. »

Le regard de Christie : pourquoi cette reconversion est-elle intéressante ?

Le parcours d’Emmanuelle montre qu’une reconversion professionnelle peut se construire à travers plusieurs expériences.

Elle a quitté l’ingénierie parce qu’elle ne trouvait pas suffisamment de sens dans ses missions. Elle a ensuite exploré le commerce en ligne, puis découvert qu’elle appréciait particulièrement la transmission et l’accompagnement lorsqu’elle travaillait dans l’enseignement.

Enfin, son expérience dans une agence de marketing digital lui a permis de développer de nouvelles compétences, malgré les difficultés rencontrées.

Chaque expérience lui a apporté des informations sur ses intérêts, ses compétences et les conditions de travail qui lui convenaient.

C’est un point important lorsqu’on envisage de changer de métier.

Vous n’êtes pas obligé de trouver immédiatement votre nouvelle voie. Vous pouvez commencer par explorer plusieurs possibilités, échanger avec des professionnels ou tester certaines activités lorsque votre situation le permet.

En revanche, une reconversion ne doit pas être idéalisée.

Le parcours d’Emmanuelle rappelle également que l’entrepreneuriat peut s’accompagner d’incertitudes financières, de difficultés commerciales et de périodes de doute.

Avant de quitter votre emploi, il est donc important d’évaluer les conséquences de votre projet sur votre situation personnelle et financière.

 

Comment Emmanuelle est-elle devenue coach business après l’ingénierie ?

Après la fermeture de son agence de marketing digital, Emmanuelle s’est retrouvée face à une nouvelle période d’incertitude.

Elle avait quitté l’ingénierie, refusé de renouveler son contrat dans l’enseignement et son projet entrepreneurial venait de rencontrer des difficultés.

Pourtant, elle n’avait pas envie de revenir à son ancienne vie professionnelle.

Comment as-tu décidé de te lancer sur Instagram en tant que coach business ?

Emmanuelle :

Après la fermeture de notre agence, nous n’avions pas encore officiellement terminé toutes les démarches administratives.

Nous avions initialement créé un compte Instagram pour développer notre visibilité et attirer des clients.

Avec mon partenaire, nous avions envisagé de poursuivre ensemble un projet centré sur Instagram.

Mais après une période de vacances et de réflexion, j’ai réalisé que je préférais développer mon activité seule.

Nous n’avions pas nécessairement la même implication dans ce projet, et je ressentais le besoin de prendre mes propres décisions.

Ce n’était pas une période facile.

J’avais refusé un renouvellement de contrat dans l’enseignement et notre agence avait fermé. Ma mère me conseillait de retrouver un emploi salarié.

De mon côté, j’avais peur, mais je voulais continuer à explorer l’entrepreneuriat.

En quoi consiste ton activité de coach et formatrice business sur Instagram ?

Emmanuelle :

J’accompagne principalement des entrepreneurs, notamment des coachs, qui souhaitent développer leur activité et vendre des offres premium, à partir de 1 000 €.

Mon travail consiste à les accompagner dans le développement de leur activité commerciale, notamment à travers Instagram.

Pour proposer cet accompagnement, j’ai moi-même suivi différentes formations afin de développer mes compétences et de structurer ma méthode.

Mais mes débuts n’ont pas été immédiatement fructueux.

J’ai lancé mon activité en mai 2022 et j’ai trouvé ma première cliente trois mois plus tard.

Au départ, l’absence de revenus réguliers était particulièrement stressante, d’autant plus que je devais continuer à rembourser mon prêt étudiant.

Il a fallu persévérer et apprendre progressivement à développer mon activité.

Comment as-tu fait face aux difficultés financières pendant ta reconversion ?

Emmanuelle :

L’aspect financier a été une véritable difficulté.

J’avais environ 1 500 € de dépenses mensuelles, notamment liées à ma voiture et à mes prêts étudiants.

Je voulais également continuer à me former pour développer mes compétences.

Heureusement, mon compagnon m’a soutenue financièrement pendant cette période. Il a notamment pris en charge plusieurs de mes formations, dont une formation en e-commerce et mon premier coaching business.

Ce soutien m’a permis de poursuivre mon projet malgré l’absence de revenus réguliers au départ.

De mon côté, je ne voulais pas retourner vers le salariat. J’avais vraiment envie de construire une activité dans laquelle je pourrais prendre mes propres décisions.

Quels revenus as-tu réussi à générer avec ton activité ?

Emmanuelle :

Au début, je ne gagnais pas beaucoup d’argent.

Progressivement, mon activité s’est développée.

J’ai commencé à générer environ 3 000 € par mois de manière récurrente.

En 2023, j’ai ensuite connu des mois à 8 000 €, puis des mois pouvant atteindre 20 000 €.

Je suis fière du chemin parcouru, car mes débuts ont été marqués par beaucoup d’incertitudes.

Mais il a fallu du temps, des investissements et plusieurs expériences professionnelles avant d’en arriver là.

Le regard de Christie : une reconversion réussie demande-t-elle forcément de prendre des risques ?

Le parcours d’Emmanuelle montre qu’une reconversion professionnelle peut s’accompagner d’une période d’instabilité.

Elle a quitté plusieurs activités avant de développer celle qui lui correspondait davantage. Elle a également bénéficié d’un soutien financier de son compagnon, un élément important de son parcours.

Mais toutes les personnes qui souhaitent changer de métier ne disposent pas des mêmes ressources.

Certaines ont des enfants à charge, un crédit immobilier ou peu d’épargne. D’autres ne peuvent pas compter sur le soutien financier d’un proche.

C’est pourquoi il est essentiel de distinguer deux choses : s’inspirer d’un parcours et chercher à le reproduire à l’identique.

L’histoire d’Emmanuelle peut vous encourager à explorer de nouvelles possibilités professionnelles. En revanche, elle ne signifie pas qu’il faut nécessairement démissionner, investir plusieurs milliers d’euros dans une formation ou créer une entreprise pour réussir sa reconversion.

Avant de vous lancer, prenez le temps d’évaluer :

  • Les compétences que vous possédez déjà et celles que vous devez développer.

  • Les réalités du métier ou de l’activité que vous envisagez.

  • Les ressources financières dont vous disposez.

  • Les conséquences possibles d’une période sans revenus.

  • Les différentes façons de tester votre projet avant de quitter votre emploi.

Une reconversion professionnelle ne se mesure pas uniquement à l’audace d’une décision, mais aussi à la capacité de construire un projet adapté à sa situation.

Pour aller plus loin dans votre réflexion, découvrez mon article « Reconversion professionnelle : que faire ? 5 points clés ». Vous y trouverez des pistes pour structurer votre projet et préparer votre changement de voie.

Je ne veux plus être ingénieur : quels conseils pour réussir sa reconversion ?

Vous êtes ingénieur et vous envisagez de changer de métier ?

Peut-être avez-vous peur de regretter vos années d’études, de perdre votre stabilité financière ou de devoir repartir de zéro.

Ces inquiétudes sont compréhensibles. Une reconversion professionnelle peut représenter un changement important, particulièrement lorsqu’on a investi plusieurs années dans une formation exigeante.

À travers son parcours, Emmanuelle a développé sa propre vision du changement professionnel.

Voici les conseils qu’elle partage avec les personnes qui souhaitent, elles aussi, construire une nouvelle vie professionnelle.

Quel conseil donnerais-tu à un ingénieur qui souhaite changer de métier ?

Emmanuelle :

Pour moi, le plus important, c’est de passer à l’action.

On peut avoir beaucoup d’idées, réfléchir pendant des mois et attendre que toutes les conditions soient réunies. Mais à un moment, il faut commencer à faire quelque chose.

Cela ne veut pas dire que tout sera parfait dès le départ.

Dans mon parcours, j’ai essayé plusieurs activités avant de trouver celle qui me correspondait davantage.

J’ai connu des difficultés, notamment avec le e-commerce et mon agence de marketing digital.

Mais ces expériences m’ont permis d’apprendre et de mieux comprendre ce que je voulais réellement.

Je pense qu’il faut accepter d’expérimenter et de progresser au fur et à mesure.

Comment dépasser la peur de se tromper lorsqu’on envisage une reconversion ?

Emmanuelle :

Je pense que la confiance en soi joue un rôle important.

Pendant longtemps, j’ai suivi une voie qui correspondait surtout aux attentes de ma famille.

J’avais obtenu mon diplôme d’ingénieure, mais je savais que je voulais construire autre chose.

J’ai dû apprendre à croire davantage en mes propres choix.

Pour moi, il est important de se rappeler pourquoi on souhaite changer de voie et de ne pas laisser ses peurs décider systématiquement à sa place.

Cela ne signifie pas qu’on ne rencontrera aucune difficulté.

Mais je considère qu’on apprend aussi à travers les expériences qui ne fonctionnent pas comme prévu.

Faut-il investir dans une formation pour réussir sa reconversion ?

Emmanuelle :

Se former a occupé une place importante dans mon parcours.

J’ai investi dans plusieurs formations et accompagnements pour développer mes compétences, notamment dans le commerce en ligne et le coaching business.

Mais je pense qu’il faut choisir avec attention les personnes auprès desquelles on se forme.

Avant d’investir, il est important de se renseigner sur leur expérience, leur méthode et ce qu’elles proposent réellement.

Il ne faut pas simplement se laisser impressionner par leur communication ou leurs résultats.

Et surtout, une formation ne suffit pas à elle seule.

Il faut ensuite mettre en pratique ce qu’on apprend.

Comment savoir si l’entrepreneuriat est fait pour soi ?

Emmanuelle :

Ce que j’aime particulièrement dans l’entrepreneuriat, c’est la liberté.

J’apprécie de pouvoir prendre mes propres décisions, organiser mon activité et choisir la direction que je souhaite lui donner.

J’aime également accompagner mes clients et les voir évoluer.

Mais mon parcours montre aussi que l’entrepreneuriat demande beaucoup d’implication.

J’ai connu des périodes sans revenus réguliers, des projets qui n’ont pas fonctionné et des moments de doute.

Il faut donc être prêt à apprendre, à s’adapter et à faire face à certaines incertitudes.

Avec le recul, as-tu le sentiment d’avoir trouvé ta voie ?

Emmanuelle :

Oui, clairement !

J’ai le sentiment d’avoir enfin choisi ma voie.

J’ai découvert un véritable intérêt pour le marketing et la communication, que je retrouve dans mon activité professionnelle.

Ce que j’apprécie aujourd’hui, c’est de pouvoir construire une activité qui correspond davantage à mes aspirations et à mes valeurs.

La liberté, la prise de décision et la possibilité de voir mes clients progresser sont particulièrement importantes pour moi.

Je suis heureuse d’avoir osé explorer d’autres possibilités professionnelles, même si mon parcours n’a pas toujours été simple.

Le regard de Christie : 4 questions à vous poser avant de quitter l’ingénierie

Le parcours d’Emmanuelle est inspirant, mais il ne constitue pas un modèle à reproduire à l’identique.

Vous n’avez pas besoin de devenir entrepreneur pour réussir votre reconversion.

Vous pouvez aussi évoluer vers un autre métier salarié, changer de secteur ou exercer une activité qui mobilise certaines de vos compétences d’ingénieur.

Avant de prendre une décision, je vous invite à réfléchir à quatre questions.

1. Qu’est-ce que je ne veux plus retrouver dans mon prochain métier ?

Est-ce le travail technique, le manque de contact humain, les responsabilités, le rythme de travail ou l’environnement de votre entreprise ?

Soyez précis : cela vous aidera à distinguer une envie de changer de métier d’une envie de changer de conditions de travail.

2. Quelles compétences ai-je envie de continuer à utiliser ?

Vos études et vos expériences professionnelles vous ont probablement permis de développer des compétences en analyse, en résolution de problèmes, en gestion de projet ou en organisation.

Certaines peuvent être utiles dans d’autres professions.

3. Qu’est-ce qui m’attire réellement dans le métier que j’envisage ?

Par exemple, si vous souhaitez devenir formateur, est-ce parce que vous aimez transmettre des connaissances ou parce que vous imaginez bénéficier de davantage de liberté ?

Ce n’est pas la même chose.

Prenez le temps de découvrir le quotidien des professionnels qui exercent le métier envisagé.

4. Quelles conditions dois-je réunir pour envisager cette transition sereinement ?

Vous devrez peut-être suivre une formation, constituer une épargne, rechercher un nouvel emploi ou réorganiser votre quotidien.

L’objectif n’est pas de vous précipiter vers une nouvelle profession, mais de construire un projet suffisamment réfléchi pour vous permettre d’avancer.

 

Faut-il forcément repartir de zéro pour changer de métier après l’ingénierie ?

Non, pas nécessairement.

Une reconversion professionnelle peut prendre différentes formes.

Vous pouvez changer complètement de domaine, mais aussi vous orienter vers une fonction qui mobilise une partie de vos compétences actuelles.

Par exemple, selon votre spécialité, votre expérience et les qualifications requises, vous pourriez explorer des fonctions liées à la formation, au conseil, à la gestion de projet ou à l’accompagnement technique.

Votre diplôme d’ingénieur ne vous oblige pas à exercer le même métier toute votre vie.

Mais il peut rester une ressource précieuse pour construire la suite de votre parcours.

Comment la famille d’Emmanuelle a-t-elle vécu sa reconversion ?

Au début de son parcours, Emmanuelle avait dû faire face aux inquiétudes de sa famille lorsqu’elle avait annoncé qu’elle ne souhaitait plus exercer comme ingénieure.

Mais plusieurs années et expériences professionnelles plus tard, le regard de ses proches avait évolué.

Ta famille a longtemps influencé tes choix. Comment te perçoit-elle maintenant ?

Emmanuelle :

« C’est vraiment touchant !

Aujourd’hui, ma mère me demande même quand je vais l’emmener en vacances ! (Rire.)

Je ressens surtout beaucoup de fierté de sa part.

Au départ, je lui avais fait peur avec mes décisions. Elle s’inquiétait constamment pour mon avenir.

Mais son regard a changé.

Récemment, elle m’a expliqué qu’elle avait fait sa part en m’encourageant à poursuivre mes études et que, désormais, l’essentiel était que je puisse exercer une activité qui me rende heureuse.

Ça m’a beaucoup touchée.

Aujourd’hui, mon objectif est aussi de pouvoir l’emmener en voyage. »

Que peut-on te souhaiter pour l’avenir ?

Emmanuelle :

« Du succès sous toutes ses formes et beaucoup d’abondance ! » (Rire.)

Où peut-on retrouver Emmanuelle ?

Au moment de notre entretien, Emmanuelle partageait son activité et ses conseils sur les réseaux sociaux.

Instagram : @emmanuelle.germain

Si vous ressentez un mal-être important dans votre emploi actuel, je vous invite également à lire mon article « Je déteste mon travail, je déprime : comment m’en sortir ? ». Vous y découvrirez comment identifier les causes de votre insatisfaction professionnelle et les solutions à envisager sans nécessairement démissionner.

FAQ : vos questions sur la reconversion après l’ingénierie

Je ne veux plus être ingénieur : que faire ?

Commencez par identifier ce qui ne vous convient plus dans votre situation professionnelle.

Est-ce votre environnement de travail, vos missions, votre secteur d’activité ou le métier d’ingénieur lui-même ?

Cette distinction est importante : vous n’avez pas nécessairement besoin de changer complètement de métier pour retrouver davantage de satisfaction professionnelle.

Vous pouvez envisager un changement d’entreprise, une évolution de poste ou une reconversion vers un autre domaine.

Avant de prendre une décision, renseignez-vous sur les possibilités qui correspondent à vos intérêts, à vos compétences et à vos contraintes personnelles.

Quels métiers peut-on exercer après avoir été ingénieur ?

Les possibilités dépendent notamment de votre spécialité, de votre expérience et de vos compétences.

Selon votre profil, vous pourriez explorer des métiers dans la gestion de projet, le conseil, la formation, le management ou encore certaines fonctions commerciales et techniques.

Une reconversion vers un domaine très différent est également possible, mais elle peut nécessiter une formation ou l’acquisition de nouvelles qualifications.

L’essentiel n’est pas de choisir un métier simplement parce qu’il est accessible après l’ingénierie, mais de vérifier qu’il correspond à vos aspirations.

Est-ce une erreur de quitter l’ingénierie après cinq années d’études ?

Non, pas nécessairement.

Avoir consacré plusieurs années à des études ne vous oblige pas à exercer le même métier jusqu’à la fin de votre carrière.

Votre formation vous a permis d’acquérir des connaissances, des méthodes de travail et des compétences qui peuvent rester utiles dans d’autres domaines.

Cependant, avant de changer de voie, il est important d’explorer votre nouveau projet et d’en évaluer les conséquences professionnelles et financières.

Votre diplôme fait partie de votre parcours, mais il ne doit pas nécessairement déterminer toute votre vie professionnelle.

Comment se reconvertir sans perdre sa stabilité financière ?

Si votre situation le permet, vous pouvez commencer à préparer votre projet pendant que vous êtes encore en poste.

Renseignez-vous sur les métiers envisagés, les formations nécessaires, les perspectives d’emploi et les rémunérations possibles.

Prenez également le temps d’évaluer vos dépenses mensuelles et votre capacité à financer une période de transition.

Selon votre statut, vous pouvez vous informer sur les dispositifs d’accompagnement et de financement de la reconversion professionnelle.

L’objectif est de construire un projet qui tienne compte à la fois de vos aspirations et de votre réalité financière.

Vous envisagez de changer de métier, mais vous ne savez pas vers quelle voie vous orienter ?

Vous ne vous reconnaissez plus dans votre métier actuel et vous avez du mal à identifier les possibilités qui pourraient vous correspondre ?

Je suis Christie SERIN, psychologue spécialisée en orientation et en transitions professionnelles.

Me contacter pour échanger sur mon projet de reconversion

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