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Devenir conseiller d’orientation sans licence de psychologie : comment faire?

Vous aimeriez devenir conseiller d’orientation, mais vous n’avez jamais étudié la psychologie ?

Peut-être travaillez-vous actuellement dans l’enseignement, les ressources humaines, la formation ou un domaine complètement différent. Vous aimez accompagner les autres et l’idée d’aider des jeunes à construire leur avenir vous attire.

Mais une question vous freine : peut-on réellement exercer ce métier sans licence de psychologie ?

La réponse est oui, si vous souhaitez devenir conseiller d’orientation indépendant. En France, cette activité n’exige pas de diplôme spécifique de psychologie.

En revanche, si votre objectif est de devenir psychologue de l’Éducation nationale (PsyEN), les conditions d’accès sont différentes. Il s’agit d’une profession réglementée qui nécessite notamment un parcours universitaire en psychologie.

Et c’est justement cette distinction qui crée beaucoup de confusion.

Je suis Christie SERIN, psychologue spécialisée en orientation scolaire et professionnelle. J’ai commencé ma carrière dans l’Éducation nationale, en Guadeloupe, avant de créer mon cabinet indépendant, Orientation Sereine, en 2022. Aujourd’hui, je forme également des personnes qui souhaitent se reconvertir dans le conseil en orientation.

Avec mon expérience, j’ai appris une chose : ne pas avoir besoin d’un diplôme de psychologie pour exercer ne signifie pas que l’accompagnement des jeunes s’improvise.

Entre connaître les formations, mener un entretien avec un adolescent, comprendre ses hésitations et l’aider à construire un projet réaliste, il existe de véritables compétences à développer.

Dans cet article, je vais vous expliquer ce que vous pouvez faire sans licence de psychologie, les limites à connaître, les formations possibles, les étapes pour lancer votre activité et les revenus que vous pouvez raisonnablement envisager.

L’objectif n’est pas simplement de vous montrer que cette reconversion est possible, mais de vous aider à comprendre comment vous y préparer sérieusement.

1. Peut-on devenir conseiller d’orientation sans licence de psychologie ?

Oui, il est possible de devenir conseiller d’orientation indépendant sans licence de psychologie, ni master dans cette discipline.

En France, l’activité de conseil en orientation exercée à titre indépendant n’est pas, en elle-même, une profession réglementée imposant un diplôme précis.

Cela signifie qu’une personne issue de l’enseignement, des ressources humaines, de la formation ou d’un autre secteur professionnel peut envisager de créer son activité de conseil en orientation scolaire.

Mais attention : conseiller d’orientation indépendant et psychologue de l’Éducation nationale sont deux métiers différents, même s’ils peuvent tous deux accompagner des jeunes dans leurs choix d’études.

Deux possibilités d’exercice, des conditions différentes

Conseiller d’orientation indépendant Psychologue de l’Éducation nationale (PsyEN)
Licence de psychologie obligatoire ? Non Oui, dans le parcours universitaire requis
Master de psychologie obligatoire ? Non Oui, pour accéder au concours externe
Concours obligatoire ? Non Oui, pour devenir titulaire
Lieu d’exercice Cabinet privé, à distance, interventions auprès de structures Établissements scolaires, CIO et autres structures de l’Éducation nationale
Statut Entrepreneur indépendant Fonctionnaire titulaire ou agent contractuel selon le recrutement
Missions principales Conseil en orientation scolaire et professionnelle Accompagnement psychologique et orientation, dans le cadre des missions de PsyEN

Ce tableau permet de comprendre une chose essentielle : vous pouvez accompagner des jeunes dans leur orientation sans pour autant être psychologue.

En revanche, vous ne pouvez pas utiliser le titre de psychologue si vous ne remplissez pas les conditions légales pour l’exercer. Vous ne pouvez pas non plus vous présenter comme psychologue de l’Éducation nationale sans occuper cette fonction.

Peut-on exercer sans aucun diplôme ?

C’est une question que je trouve importante, parce qu’il faut distinguer ce qui est légalement possible de ce qui est professionnellement souhaitable.

L’absence de diplôme spécifique obligatoire ne signifie pas que n’importe qui possède automatiquement les compétences pour accompagner un adolescent.

Imaginez un jeune de 16 ans qui hésite entre une première générale et une première technologique. Ses parents souhaitent qu’il poursuive dans la voie générale, mais lui semble davantage attiré par des enseignements concrets. Il a de bons résultats scolaires, sans être particulièrement motivé.

Que faites-vous ?

Lui conseillez-vous de rester en voie générale parce qu’il a de bonnes notes ? Lui proposez-vous un test d’orientation ? Comment prenez-vous en compte ses motivations, ses représentations des différentes filières et les attentes de ses parents ?

C’est précisément dans ce type de situation que la qualité de l’accompagnement fait la différence.

En tant que psychologue spécialisée en orientation, j’ai appris qu’accompagner un jeune ne consiste pas simplement à lui présenter des métiers ou à lui demander ce qu’il aime faire.

Il faut savoir questionner, écouter, analyser les informations recueillies, connaître les possibilités de formation et aider le jeune à construire sa propre réflexion, sans décider à sa place.

C’est pourquoi, même si vous n’avez pas besoin d’une licence de psychologie pour devenir conseiller d’orientation indépendant, je vous recommande vivement de suivre une formation sérieuse avant d’accompagner vos premières familles.

Vous devrez également respecter les limites de vos compétences, notamment dans l’utilisation des outils d’évaluation et face aux situations qui nécessitent l’intervention d’un psychologue ou d’un autre professionnel qualifié.

L’objectif n’est pas de devenir psychologue en quelques mois. Il est d’acquérir les compétences nécessaires pour exercer le conseil en orientation dans un cadre professionnel adapté.

2. Conseiller d’orientation indépendant ou PsyEN : quelles différences ?

Vous vous demandez peut-être si un conseiller d’orientation indépendant fait finalement le même travail qu’un psychologue de l’Éducation nationale (PsyEN).

Les deux professionnels peuvent aider un jeune à réfléchir à son avenir scolaire et professionnel, mais leur cadre d’intervention, leurs missions et leurs responsabilités ne sont pas identiques.

Je connais bien ces deux environnements puisque j’ai commencé ma carrière comme psychologue de l’Éducation nationale, avant de créer mon propre cabinet de conseil en orientation scolaire.

Et je peux vous assurer que le passage du public à l’indépendance a profondément changé ma manière d’organiser mon travail.

Le psychologue de l’Éducation nationale : des missions qui dépassent l’orientation

Depuis 2017, les anciens conseillers d’orientation-psychologues (COP) ont laissé place aux psychologues de l’Éducation nationale.

Dans le second degré, les PsyEN de la spécialité Éducation, développement et conseil en orientation scolaire et professionnelle (EDO) interviennent notamment auprès des collégiens, des lycéens et des étudiants, dans les établissements scolaires et les centres d’information et d’orientation (CIO).

Leurs missions ne se limitent pas à présenter des formations ou à conseiller les élèves sur leurs choix d’études.

Ils peuvent notamment :

  • Accompagner les jeunes dans l’élaboration de leur projet d’orientation.

  • Participer à la prévention du décrochage scolaire.

  • Échanger avec les familles et les équipes éducatives.

  • Prendre en compte les difficultés psychologiques susceptibles d’affecter la scolarité.

  • Réaliser, lorsque cela relève de leurs missions, des évaluations psychologiques.

Il existe également une autre spécialité de PsyEN, appelée EDA (Éducation, développement et apprentissages), qui intervient principalement dans le premier degré.

Mon expérience comme psychologue de l’Éducation nationale

En septembre 2020, j’ai commencé à exercer en Guadeloupe en tant que PsyEN EDO.

J’intervenais auprès d’un collège, d’un lycée et au sein d’un CIO. Les établissements dont j’avais la charge représentaient environ 1 500 élèves.

Autant vous dire que les journées pouvaient être bien remplies !

Je rencontrais des adolescents qui ne savaient pas quelle voie choisir, des lycéens qui s’interrogeaient sur leurs études supérieures, mais aussi des jeunes confrontés à des difficultés scolaires ou personnelles.

Ce que j’appréciais particulièrement, c’était la diversité des situations et la possibilité de travailler avec différents professionnels de l’établissement.

En revanche, une difficulté revenait régulièrement : le temps disponible pour accompagner chaque jeune.

Lorsqu’on intervient dans plusieurs établissements, avec de nombreux élèves susceptibles d’avoir besoin d’un entretien, il n’est pas toujours possible de consacrer autant de séances qu’on le souhaiterait à chaque situation.

C’est notamment cette réalité qui m’a amenée à réfléchir à la manière dont je voulais exercer mon métier.

En 2022, j’ai créé Orientation Sereine, mon cabinet indépendant de conseil en orientation scolaire.

Le conseiller d’orientation indépendant : un accompagnement organisé autour de ses prestations

Contrairement au PsyEN, le conseiller d’orientation indépendant exerce une activité privée.

Il peut recevoir des jeunes en cabinet, proposer des accompagnements en visioconférence ou intervenir ponctuellement auprès d’établissements et d’autres structures.

Ses prestations peuvent prendre différentes formes :

  • Des entretiens individuels d’orientation.

  • Des bilans d’orientation scolaire.

  • Des accompagnements à la réflexion sur les études supérieures.

  • Une aide à la préparation des choix sur Parcoursup.

  • Des ateliers collectifs autour des métiers et des parcours de formation.

L’indépendant définit son offre, ses tarifs et l’organisation de ses accompagnements, dans le respect de ses obligations professionnelles.

Dans mon cabinet, j’ai notamment choisi de proposer des bilans d’orientation répartis sur plusieurs séances.

Cela me permet de prendre le temps d’explorer différents aspects du projet du jeune, d’approfondir ses réponses et de faire une place aux échanges avec sa famille.

Mais attention : cela ne signifie pas qu’un accompagnement privé est systématiquement meilleur qu’un accompagnement public.

Les PsyEN disposent d’une formation universitaire en psychologie et exercent des missions essentielles au sein du service public. Les conseillers indépendants proposent, quant à eux, des prestations complémentaires, avec des modalités qui varient d’un professionnel à l’autre.

Devenir indépendant, c’est aussi devenir entrepreneur

C’est un aspect du métier que les personnes en reconversion ont parfois tendance à sous-estimer.

Lorsqu’on exerce à son compte, accompagner les jeunes ne représente qu’une partie du travail.

Il faut également apprendre à gérer son activité : trouver des clients, communiquer sur ses services, organiser ses rendez-vous, établir ses tarifs, suivre sa comptabilité et développer des partenariats.

Et contrairement à un emploi salarié, vous ne percevez pas automatiquement un revenu fixe à la fin du mois.

Votre chiffre d’affaires dépend notamment du nombre de clients, de vos tarifs et de votre capacité à faire connaître votre activité.

C’est pourquoi je recommande toujours aux personnes intéressées par ce métier de se poser deux questions distinctes :

Est-ce que j’ai envie d’accompagner des jeunes dans leur orientation ? Et est-ce que j’ai également envie de développer une activité indépendante ?

Les deux dimensions sont importantes.

Vous pouvez aimer profondément l’accompagnement sans nécessairement souhaiter entreprendre. À l’inverse, l’envie d’indépendance ne suffit pas à faire de vous un bon professionnel de l’orientation.

L’enjeu est de construire un projet qui corresponde à vos compétences, à vos motivations et à votre manière de travailler.

3. Que peut-on faire, et ne pas faire, sans être psychologue ?

Vous pouvez devenir conseiller d’orientation indépendant sans être psychologue. Mais cela ne signifie pas que vous pouvez utiliser n’importe quel outil ou intervenir sur toutes les problématiques rencontrées par les jeunes.

C’est une distinction sur laquelle je souhaite insister.

Accompagner un jeune dans ses choix d’orientation et réaliser une évaluation psychologique ne sont pas la même chose.

Lorsqu’on débute dans ce métier, il est essentiel de comprendre ce qui relève du conseil en orientation, de connaître les limites de ses compétences et de savoir quand orienter une famille vers un autre professionnel.

Quelles missions peut exercer un conseiller d’orientation indépendant ?

Un conseiller d’orientation indépendant peut notamment aider un collégien, un lycéen ou un étudiant à mieux comprendre ses intérêts, explorer des métiers et identifier des parcours de formation.

Concrètement, vous pouvez :

  • Mener des entretiens pour comprendre les besoins, les motivations et les interrogations d’un jeune.

  • L’accompagner dans l’exploration de ses centres d’intérêt et de ses valeurs.

  • Lui présenter différentes filières d’études et leurs débouchés.

  • L’aider à comparer plusieurs possibilités d’orientation.

  • Construire avec lui un plan d’action pour approfondir son projet.

  • Proposer un bilan d’orientation scolaire adapté à votre champ de compétences.

Prenons un exemple.

Une élève de terminale hésite entre une licence de droit et une école de commerce. Elle apprécie les deux domaines, mais connaît finalement assez mal les enseignements et les métiers auxquels ils peuvent conduire.

Votre rôle n’est pas de choisir à sa place.

Vous pouvez l’aider à préciser ce qui l’attire dans chaque domaine, à examiner les programmes, à comprendre les modalités d’admission et à confronter ses représentations à la réalité des études.

Un bon accompagnement ne consiste pas à donner une réponse toute faite. Il aide le jeune à développer sa capacité à faire des choix éclairés.

Peut-on utiliser des tests d’orientation sans être psychologue ?

Oui, certains questionnaires d’intérêts professionnels ou outils d’exploration de l’orientation peuvent être utilisés par des conseillers qui ne sont pas psychologues.

Mais attention : tous les tests ne sont pas accessibles à tous les professionnels.

Certains outils sont réservés à des professionnels possédant des qualifications spécifiques. D’autres nécessitent une formation à leur utilisation et à l’interprétation des résultats.

Il est donc indispensable de vérifier les conditions d’utilisation définies par l’éditeur de chaque outil, ainsi que les compétences nécessaires pour l’administrer et en restituer les résultats.

Et même lorsqu’un questionnaire est accessible, cela ne signifie pas qu’il doit être utilisé sans recul.

Dans ma pratique de psychologue spécialisée en orientation, je considère les résultats des questionnaires comme des supports de réflexion et de dialogue.

Imaginons qu’un jeune obtienne un score élevé dans le domaine artistique sur un questionnaire d’intérêts professionnels.

Est-ce que cela signifie qu’il doit absolument devenir graphiste, architecte ou designer ?

Bien sûr que non.

Ce résultat peut constituer une piste à explorer. Encore faut-il comprendre ce que le jeune aime réellement, ce qu’il connaît de ces métiers, ses autres centres d’intérêt et les possibilités de formation qui s’offrent à lui.

Un test ne décide pas de l’avenir d’un jeune. Il apporte des informations qui doivent être mises en perspective avec les entretiens et l’ensemble de sa situation.

Quelle différence entre un bilan d’orientation et un bilan psychologique ?

C’est une confusion fréquente.

Un bilan d’orientation scolaire vise principalement à aider une personne à mieux se connaître, à explorer des possibilités d’études ou de métiers et à construire un projet d’orientation.

Il peut s’appuyer sur des entretiens, des questionnaires d’intérêts, des recherches documentaires et des exercices de réflexion.

Un bilan psychologique, en revanche, relève d’une démarche d’évaluation psychologique menée par un professionnel habilité, notamment lorsqu’il s’agit d’examiner le fonctionnement cognitif ou psychologique d’une personne à l’aide d’outils spécifiques.

Un conseiller d’orientation qui n’est pas psychologue ne doit donc pas présenter son accompagnement comme un bilan psychologique ni réaliser des actes qui dépassent ses qualifications.

Cette distinction est d’autant plus importante lorsqu’on accompagne des mineurs et que les familles accordent une grande confiance aux conclusions du professionnel.

Que faire lorsqu’un jeune présente des difficultés psychologiques ?

Imaginez qu’au cours d’un entretien, un adolescent vous explique qu’il ne parvient plus à se rendre au lycée, qu’il dort très mal et qu’il se sent constamment angoissé.

Sa famille vous a contacté pour un bilan d’orientation. Pourtant, au fil de la discussion, vous comprenez que ses difficultés ne concernent pas uniquement son choix d’études.

Que faites-vous ?

Votre rôle est d’accueillir sa parole avec sérieux, sans chercher à poser un diagnostic psychologique si vous n’êtes pas qualifié pour le faire.

Selon la situation, il peut être nécessaire d’encourager la famille à consulter un psychologue, un médecin ou un autre professionnel compétent, voire de solliciter une aide urgente si la sécurité du jeune est en jeu.

L’accompagnement en orientation pourra éventuellement se poursuivre en complément, lorsque cela est adapté.

Savoir reconnaître les limites de son intervention n’est pas un signe d’incompétence. C’est au contraire une marque de professionnalisme.

Pourquoi cette distinction est-elle si importante ?

Parce qu’un adolescent ne vient pas toujours en entretien avec une question parfaitement définie.

Derrière un « je ne sais pas quoi faire plus tard », il peut y avoir un manque d’informations sur les études, une difficulté à identifier ses intérêts, une pression familiale ou des préoccupations personnelles plus profondes.

Toutes ces situations ne demandent pas la même réponse.

C’est pourquoi je considère que la formation d’un conseiller d’orientation indépendant doit aller au-delà de la découverte des métiers et des questionnaires.

Elle doit aussi permettre de développer une posture professionnelle : savoir conduire un entretien, formuler des hypothèses avec prudence, respecter la place du jeune dans ses décisions et reconnaître les situations qui nécessitent une autre expertise.

Vous n’avez pas besoin de devenir psychologue pour être un bon conseiller d’orientation. En revanche, vous devez savoir précisément quel est votre rôle, ce que vous êtes compétent pour faire et où se situent vos limites.

4. Quelles compétences faut-il pour devenir conseiller d’orientation indépendant ?

Vous aimez écouter, conseiller et aider les autres ? C’est un bon point de départ. Mais est-ce suffisant pour accompagner un adolescent dans ses choix d’orientation ?

Pas tout à fait.

J’ai rencontré des jeunes qui avaient d’excellents résultats scolaires, mais aucune idée de ce qu’ils souhaitaient faire après le bac. D’autres avaient un projet très précis, sans toujours connaître les études nécessaires pour y parvenir.

Et puis, il y a ceux qui répondent « je ne sais pas » à presque toutes vos questions.

Face à ces différentes situations, la bonne volonté ne suffit pas. Le métier de conseiller d’orientation demande des compétences qui s’apprennent et se développent avec la pratique.

Savoir mener un entretien sans décider à la place du jeune

C’est probablement l’une des compétences les plus importantes.

Lorsqu’un adolescent vous dit qu’il souhaite devenir médecin, votre rôle ne consiste pas simplement à lui expliquer les études de santé.

Il faut aussi comprendre ce qui motive ce choix.

Est-ce un métier qui l’intéresse réellement ? Est-il attiré par les sciences, le soin, le contact humain ? Connaît-il les exigences des études ? Son projet est-il influencé par son entourage ?

Ces questions permettent d’aller au-delà de la première réponse.

Et surtout, elles évitent de construire un accompagnement sur des suppositions.

Un conseiller d’orientation ne doit pas chercher à convaincre le jeune de choisir la voie qu’il juge la meilleure. Il doit l’aider à développer sa réflexion et à prendre une décision qui lui appartient.

Cela demande de maîtriser les techniques d’entretien, de savoir reformuler, relancer et parfois accepter de ne pas obtenir une réponse immédiatement.

Connaître les filières d’études et savoir rechercher des informations fiables

Un conseiller d’orientation n’a pas besoin de connaître par cœur toutes les formations existantes.

En revanche, il doit savoir où chercher, comment vérifier les informations et comment les expliquer clairement.

Prenons un lycéen qui hésite entre un BUT informatique, une licence informatique et une classe préparatoire scientifique.

Ces parcours peuvent conduire à des poursuites d’études intéressantes, mais ils ne proposent pas le même environnement pédagogique, les mêmes modalités d’admission ni le même rythme de travail.

Pour l’accompagner correctement, vous devez être capable de comparer les programmes, les attendus, les possibilités de poursuite d’études et les débouchés.

Vous devez également vous tenir informé des évolutions du système éducatif, notamment concernant le baccalauréat, Parcoursup et les formations de l’enseignement supérieur.

Votre valeur ajoutée n’est pas de réciter des informations disponibles sur Internet, mais d’aider le jeune à les comprendre et à les utiliser pour prendre une décision.

Aider le jeune à mieux se connaître

Les intérêts professionnels, les valeurs, les motivations et les préférences d’apprentissage peuvent apporter des éclairages intéressants dans un accompagnement en orientation.

Mais encore faut-il savoir les explorer.

Un adolescent peut aimer les mathématiques sans vouloir exercer un métier scientifique. Il peut apprécier le contact humain sans avoir envie de travailler dans le soin. Il peut aussi avoir plusieurs centres d’intérêt qui semblent, à première vue, très éloignés.

C’est pourquoi il faut éviter les raccourcis du type : « Vous aimez aider les autres, donc vous devriez travailler dans le social. »

Dans ma pratique, je m’intéresse autant aux réponses du jeune qu’à la manière dont il les explique.

Lorsqu’il affirme aimer une activité, je cherche notamment à comprendre ce qui lui plaît : résoudre des problèmes, créer, travailler en équipe, transmettre, organiser ou expérimenter.

Ce travail permet de faire émerger des pistes plus nuancées qu’une simple liste de métiers.

Savoir accompagner les parents sans effacer la parole du jeune

C’est une dimension du métier qu’il ne faut pas sous-estimer.

Les parents jouent souvent un rôle important dans les décisions d’orientation. Ils peuvent avoir des inquiétudes légitimes concernant les débouchés, la réussite scolaire ou le coût des études.

Mais leurs attentes ne correspondent pas toujours aux aspirations de leur enfant.

Imaginez des parents convaincus que leur fille devrait intégrer une école de commerce, alors qu’elle souhaite explorer des études artistiques.

Le rôle du conseiller n’est pas de prendre parti immédiatement pour les parents ou pour l’adolescente.

Il doit créer un espace de dialogue, aider chacun à exprimer ses préoccupations et permettre au jeune d’explorer son projet en tenant compte des réalités de sa situation.

Accompagner une famille demande donc de savoir écouter plusieurs points de vue, sans perdre de vue la place centrale du jeune dans son orientation.

Faire preuve de rigueur et respecter une posture professionnelle

Enfin, un conseiller d’orientation doit être capable de structurer son accompagnement.

Cela implique de définir les objectifs des séances, de choisir des outils adaptés, de suivre la progression du jeune et de formuler des pistes d’orientation argumentées.

Il faut également respecter la confidentialité des échanges, expliquer clairement le cadre de l’accompagnement et faire preuve de prudence dans ses conclusions.

Un conseiller sérieux ne promet pas à une famille de trouver à coup sûr le métier idéal de son enfant.

Il propose une démarche qui aide le jeune à mieux comprendre ses possibilités et à avancer dans sa réflexion.

Faut-il posséder toutes ces compétences avant de se former ?

Non, heureusement !

Une personne issue des ressources humaines peut déjà avoir développé des compétences d’entretien. Un enseignant possède généralement une bonne connaissance du fonctionnement scolaire. Un professionnel de l’insertion peut avoir l’habitude d’accompagner des personnes dans la construction de leur projet.

Ces expériences constituent des atouts.

Mais elles ne remplacent pas automatiquement l’apprentissage des spécificités du conseil en orientation scolaire.

L’enjeu d’une formation professionnelle est justement de vous aider à identifier vos acquis, à développer les compétences qui vous manquent et à apprendre à les mobiliser dans des situations concrètes.

Vous n’avez pas besoin d’avoir le parcours d’un psychologue pour devenir conseiller d’orientation indépendant. En revanche, vous devez apprendre à accompagner les jeunes avec méthode, rigueur et discernement.

5. Quelle formation choisir pour devenir conseiller d’orientation indépendant ?

Vous savez maintenant qu’il est possible de devenir conseiller d’orientation indépendant sans licence de psychologie. Mais une autre question se pose : comment acquérir les compétences nécessaires pour accompagner vos premiers jeunes ?

Aujourd’hui, plusieurs formations privées permettent de découvrir le métier de conseiller en orientation scolaire et professionnelle.

Leurs durées, leurs contenus, leurs tarifs et leurs modalités d’accompagnement peuvent être très différents.

Certaines privilégient les outils d’orientation, d’autres proposent une méthode de bilan structurée ou intègrent une dimension entrepreneuriale.

À mon sens, la meilleure formation n’est pas nécessairement la plus courte, la plus longue ou celle qui propose le plus grand nombre de tests. C’est celle qui vous prépare réellement aux situations que vous rencontrerez dans votre pratique.

Les 5 critères à vérifier avant de choisir votre formation

1. L’expérience et les qualifications du formateur

Qui va vous transmettre les compétences nécessaires pour exercer ?

Avant de vous inscrire, intéressez-vous à son parcours, à ses qualifications et surtout à son expérience concrète de l’accompagnement en orientation.

A-t-il déjà accompagné des collégiens, des lycéens ou des étudiants ? Connaît-il les réalités du système éducatif ? Exerce-t-il ou a-t-il exercé auprès des familles ?

Un formateur n’a pas nécessairement besoin d’être psychologue pour transmettre des compétences en conseil en orientation. En revanche, il doit pouvoir justifier d’une expertise cohérente avec les compétences qu’il enseigne.

2. La place accordée aux entretiens et à la posture professionnelle

Savoir utiliser un questionnaire d’intérêts professionnels est une chose. Savoir conduire un entretien avec un adolescent qui répond systématiquement « je ne sais pas » en est une autre.

Une formation sérieuse doit vous aider à comprendre comment accueillir une demande, poser des questions pertinentes, reformuler les propos d’un jeune et l’accompagner sans décider à sa place.

Elle doit également aborder les limites du rôle de conseiller d’orientation, notamment face à des difficultés qui nécessitent l’intervention d’un psychologue ou d’un autre professionnel qualifié.

3. Les possibilités de mise en pratique

C’est un critère auquel j’accorde beaucoup d’importance.

Vous pouvez regarder des dizaines d’heures de vidéos sur les techniques d’entretien et vous sentir malgré tout démuni lors de votre première séance.

Pourquoi ? Parce qu’entre comprendre une méthode et savoir l’appliquer, il existe une différence.

Privilégiez une formation qui prévoit des études de cas, des exercices, des mises en situation ou des retours personnalisés sur votre travail.

L’objectif est de vous permettre de vous entraîner, de faire des erreurs dans un cadre pédagogique et de progresser avant de recevoir vos premières familles.

4. La connaissance du système éducatif et des parcours de formation

Accompagner un jeune dans son orientation suppose de connaître les grandes voies d’études et de savoir rechercher des informations fiables.

Vérifiez que la formation aborde notamment les parcours après la troisième, les voies du lycée, les études supérieures et les démarches d’orientation.

Il est également important d’apprendre à actualiser ses connaissances : les modalités d’admission et les formations évoluent.

5. La préparation à l’exercice indépendant

Si votre objectif est de créer votre propre cabinet, apprendre à accompagner les jeunes ne suffira pas.

Vous devrez également réfléchir à vos prestations, à votre positionnement, à vos tarifs, à votre communication et à l’organisation de votre activité.

Une formation qui aborde ces questions peut vous aider à préparer votre installation. Cela ne garantit toutefois ni l’arrivée de clients ni un niveau de revenus.

Formation courte ou formation de plusieurs mois : que privilégier ?

Il n’existe pas une durée idéale valable pour tout le monde.

Une personne qui accompagne déjà des jeunes dans son activité professionnelle n’aura pas nécessairement les mêmes besoins qu’une personne qui découvre complètement le secteur de l’orientation.

Mais je vous invite à regarder au-delà du nombre d’heures annoncé.

Posez-vous plutôt ces questions :

  • Aurai-je l’occasion de m’entraîner à mener des entretiens ?

  • Pourrai-je poser des questions lorsque je rencontre une difficulté ?

  • Recevrai-je des retours sur mes exercices ?

  • Le programme m’aidera-t-il à comprendre les situations complexes ?

  • Saurai-je ce que je peux faire et ce qui dépasse mon champ de compétences ?

  • Le coût total est-il clair, notamment si des logiciels ou des outils nécessitent ensuite un abonnement ?

Une formation de quelques semaines peut convenir à certains profils. Une formation plus longue peut permettre d’approfondir les compétences et de multiplier les mises en pratique.

Ce qui compte, ce n’est pas uniquement le temps passé à se former, mais ce que vous serez réellement capable de faire à l’issue du parcours.

Faut-il choisir une formation certifiante pour exercer ?

C’est une question importante, car les termes formation certifiante, attestation de formation et certification Qualiopi sont parfois confondus.

Une attestation de fin de formation permet de justifier que vous avez suivi un parcours de formation. Elle ne constitue pas automatiquement un diplôme reconnu par l’État.

Une certification professionnelle enregistrée au RNCP ou au Répertoire spécifique correspond, quant à elle, à un dispositif de reconnaissance distinct, qu’il convient de vérifier auprès de France compétences.

Enfin, Qualiopi est une certification qualité attribuée aux organismes de formation répondant à certains critères. Elle ne signifie pas, à elle seule, que la formation délivre un diplôme d’État ou une certification professionnelle reconnue.

Avant de vous inscrire, demandez donc précisément quel document vous sera remis à l’issue de la formation et quelle est sa valeur.

Comment je forme les futurs conseillers d’orientation indépendants

Lorsque j’ai créé Orientation Sereine en 2022, j’avais déjà exercé comme psychologue de l’Éducation nationale et accompagné des jeunes dans leurs questionnements d’orientation.

En développant ensuite mon activité indépendante, j’ai découvert une autre dimension du métier : celle de l’entrepreneuriat.

C’est cette double expérience que j’ai souhaité transmettre en créant ma formation « Devenir conseiller d’orientation indépendant ».

Mon objectif n’est pas de former des psychologues en quelques mois. Il est de permettre à des personnes issues de différents parcours professionnels de développer des compétences en conseil en orientation et de préparer leur activité indépendante.

La formation se déroule à distance, sur trois mois. Elle associe des contenus pédagogiques, des séances collectives en direct, des exercices pratiques, des études de cas et un accompagnement individualisé.

J’accorde une importance particulière à la posture professionnelle, à la conduite des entretiens et à la capacité d’adapter son accompagnement aux besoins du jeune.

Car c’est une chose de savoir présenter une formation à un lycéen. C’en est une autre de l’aider à comprendre pourquoi il hésite, ce qui compte réellement pour lui et comment avancer dans sa réflexion.

Vous envisagez de devenir conseiller d’orientation indépendant ?

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6. Comment devenir conseiller d’orientation indépendant en 6 étapes ?

Vous envisagez sérieusement de devenir conseiller d’orientation indépendant, mais vous ne savez pas par où commencer ?

Entre la formation, la création de votre entreprise, le choix de vos prestations et la recherche de vos premiers clients, il est facile de se sentir dépassé.

Pourtant, vous n’avez pas besoin de tout mettre en place en même temps.

Voici les six étapes que je vous recommande pour préparer votre reconversion et construire progressivement votre activité.

Étape 1 : Clarifier votre projet professionnel

Avant de choisir une formation ou de créer votre entreprise, prenez le temps de réfléchir à ce qui vous attire réellement dans le conseil en orientation.

Souhaitez-vous accompagner principalement des collégiens, des lycéens ou des étudiants ? Préférez-vous les entretiens individuels ou les ateliers collectifs ? Envisagez-vous une activité à temps plein ou en complément de votre emploi actuel ?

Interrogez-vous également sur votre motivation à devenir indépendant.

Car créer son cabinet signifie aussi devoir organiser son activité, trouver des clients et gérer des périodes où les demandes peuvent être moins nombreuses.

Mon conseil : échangez avec des professionnels qui exercent déjà ce métier. Leur quotidien vous permettra de confronter vos attentes à la réalité du terrain.

Étape 2 : Identifier vos compétences et vous former

Vous avez peut-être déjà développé des compétences utiles dans votre parcours professionnel.

Un enseignant connaît généralement une partie du système scolaire. Une personne travaillant dans les ressources humaines possède peut-être déjà une expérience de la conduite d’entretiens. Quant aux professionnels de l’insertion, ils peuvent avoir développé des compétences dans l’accompagnement à la construction d’un projet.

Ces expériences constituent une base intéressante.

Mais elles ne couvrent pas nécessairement toutes les compétences requises pour accompagner un adolescent dans son orientation.

Prenez donc le temps d’identifier vos acquis et vos besoins de formation.

Je vous recommande notamment de vous former à la conduite des entretiens d’orientation, à la connaissance des parcours scolaires, à l’utilisation appropriée des outils d’exploration et à la posture professionnelle.

L’objectif n’est pas d’accumuler des certificats. Il est d’être capable de proposer un accompagnement sérieux, structuré et adapté aux jeunes que vous recevrez.

Étape 3 : Définir vos prestations et votre public cible

Une erreur fréquente lorsqu’on débute consiste à vouloir accompagner tout le monde, sur toutes les problématiques.

Pourtant, les besoins d’un élève de troisième qui hésite entre plusieurs voies de lycée ne sont pas les mêmes que ceux d’un étudiant qui envisage de changer de formation.

Commencez par définir précisément les personnes que vous souhaitez accompagner et les problématiques auxquelles vous pouvez répondre.

Vous pourriez, par exemple, proposer :

  • Des entretiens ponctuels pour aider un jeune à clarifier une question d’orientation.

  • Des bilans d’orientation scolaire répartis sur plusieurs séances.

  • Un accompagnement des lycéens dans leurs choix d’études supérieures.

  • Des ateliers collectifs de découverte des métiers et des formations.

Pour chaque prestation, précisez son objectif, son déroulement, sa durée, ses limites et son tarif.

Un point mérite votre attention : ne construisez pas une offre uniquement parce qu’elle vous semble facile à vendre. Assurez-vous d’abord de posséder les compétences nécessaires pour la réaliser.

Étape 4 : Choisir votre statut et créer votre entreprise

Pour exercer à votre compte en France, vous devrez déclarer votre activité et choisir un cadre juridique adapté.

La micro-entreprise peut être une solution intéressante pour démarrer, notamment grâce à ses formalités et à son fonctionnement simplifiés.

Mais ce n’est pas la seule possibilité. Selon votre situation, votre chiffre d’affaires prévisionnel et vos charges, un autre statut peut être plus adapté.

Avant de vous lancer, pensez notamment à :

  • Vérifier les démarches de création sur le guichet unique des formalités des entreprises.
  • Choisir une activité déclarée cohérente avec les prestations réellement proposées.
  • Vous renseigner sur les cotisations sociales, la fiscalité et les obligations de facturation.
  • Étudier l’intérêt d’une assurance responsabilité civile professionnelle.
  • Prévoir des documents contractuels clairs et une gestion adaptée des données personnelles, particulièrement lorsque vous accompagnez des mineurs.

Vous pouvez consulter les informations officielles sur formalites.entreprises.gouv.fr et entreprendre.service-public.gouv.fr.

Attention : créer une entreprise ne vous autorise pas à utiliser le titre de psychologue ni à réaliser des actes réservés à des professionnels disposant des qualifications requises.

Étape 5 : Préparer vos premiers accompagnements

Avant d’accueillir votre première famille, prenez le temps de préparer le fonctionnement concret de vos prestations.

Comment se déroule le premier échange avec les parents ? Quels sont les objectifs de chaque séance ? Comment présentez-vous les limites de votre accompagnement ? Quels documents remettez-vous à la famille ?

Vous devez également réfléchir à votre organisation : prise de rendez-vous, facturation, confidentialité des échanges et conservation des informations.

Si vous utilisez des questionnaires ou des outils d’orientation, vérifiez leurs conditions d’utilisation et entraînez-vous à présenter leurs résultats avec prudence.

Je vous encourage aussi à travailler sur des études de cas et à vous exercer à mener des entretiens.

Votre premier client ne devrait pas être la première occasion où vous essayez de structurer un accompagnement de A à Z.

Vous gagnerez en assurance en ayant déjà réfléchi aux différentes étapes de votre prestation.

Étape 6 : Faire connaître votre activité et trouver vos premiers clients

C’est une étape incontournable lorsqu’on souhaite vivre de son activité.

Vous pouvez être compétent et proposer un accompagnement de qualité : si personne ne connaît vos services, les familles ne pourront pas faire appel à vous.

Pour commencer, plusieurs actions sont possibles.

Vous pouvez créer un site Internet qui explique clairement vos prestations, publier des contenus utiles sur les questions d’orientation ou développer des relations avec des professionnels en contact avec les jeunes et leurs familles.

Vous pouvez également organiser des ateliers d’information ou des conférences pour présenter votre approche.

L’important n’est pas d’être présent partout, mais de choisir des actions adaptées à votre public et de les mettre en œuvre régulièrement.

Dans mon cas, le développement d’Orientation Sereine m’a notamment amenée à travailler ma visibilité en ligne et à créer des contenus autour de l’orientation scolaire.

J’ai progressivement compris qu’être compétente dans mon métier et savoir communiquer sur mes prestations étaient deux compétences différentes.

Et c’est un apprentissage que je trouve important de partager avec les personnes qui souhaitent se reconvertir.

Ne partez pas du principe que les clients arriveront automatiquement une fois votre formation terminée. Construire une activité demande du temps, des ajustements et un véritable travail de développement.

Combien de temps faut-il pour devenir conseiller d’orientation indépendant ?

Il n’existe pas de délai unique.

Tout dépend de votre parcours initial, du temps que vous pouvez consacrer à votre projet, de vos besoins de formation et de votre situation financière.

Certaines personnes préparent leur activité tout en conservant leur emploi. D’autres choisissent de se consacrer entièrement à leur reconversion.

Dans les deux cas, je vous recommande de distinguer trois étapes : vous former, préparer votre activité et développer une clientèle suffisante pour atteindre vos objectifs financiers.

Ces étapes peuvent se chevaucher, mais elles ne progressent pas nécessairement au même rythme.

Vous pouvez être prêt à accompagner vos premiers jeunes sans avoir encore suffisamment de clients pour vivre de votre activité.

C’est pourquoi il est important d’anticiper votre budget et, lorsque cela est possible, de prévoir une période de transition.

Devenir conseiller d’orientation indépendant ne consiste pas simplement à obtenir une attestation de formation et à ouvrir un cabinet. C’est construire progressivement une activité professionnelle, avec des compétences solides et un modèle économique réaliste.

7. Combien gagne un conseiller d’orientation indépendant ?

Vous envisagez de devenir conseiller d’orientation indépendant, mais vous vous demandez combien vous pourriez gagner avec cette activité ?

C’est une question importante, particulièrement si vous souhaitez quitter votre emploi actuel pour vous reconvertir.

Un conseiller d’orientation indépendant ne perçoit pas un salaire fixe. Son revenu dépend des accompagnements qu’il propose, de ses tarifs, du nombre de clients et des charges de son entreprise.

Mais contrairement à ce que l’on pourrait penser, vous n’êtes pas obligé de facturer uniquement des séances individuelles à l’heure.

Vous pouvez construire des accompagnements complets, répartis sur plusieurs rendez-vous, en fonction des besoins de votre clientèle et de vos compétences.

Quels accompagnements peut proposer un conseiller d’orientation indépendant ?

L’orientation scolaire constitue une première possibilité, mais ce n’est pas la seule.

Avec les compétences adaptées, vous pouvez développer différentes prestations :

  • Le bilan d’orientation scolaire : un accompagnement de plusieurs séances pour aider un collégien ou un lycéen à mieux se connaître, explorer des pistes d’études et construire son projet.

  • L’accompagnement Parcoursup : une prestation destinée aux lycéens et à leurs familles pour comprendre la procédure, réfléchir aux formations, préparer les candidatures et organiser les différentes étapes.

  • L’accompagnement à la réorientation : pour les étudiants qui souhaitent changer de formation ou repenser leur parcours.

  • L’accompagnement à la reconversion professionnelle : pour les adultes qui s’interrogent sur leur avenir professionnel et souhaitent construire un nouveau projet.

  • Le bilan de compétences : une prestation destinée notamment aux actifs, encadrée par le Code du travail et soumise à des obligations spécifiques.

Il est donc possible de commencer par accompagner des adolescents, puis d’élargir progressivement son activité aux étudiants et aux adultes.

Attention toutefois : ces prestations ne demandent pas toutes les mêmes connaissances. Accompagner un lycéen sur Parcoursup ne nécessite pas exactement les mêmes compétences que guider un adulte dans une transition professionnelle.

Quels tarifs peut-on pratiquer ?

Il n’existe pas de tarif unique pour les accompagnements en orientation proposés dans le secteur privé.

Les prix dépendent notamment du nombre de séances, du niveau de personnalisation, de l’expérience du professionnel et du contenu de la prestation.

Pour vous donner des repères concrets, voici les tarifs de référence de mes propres accompagnements chez Orientation Sereine :

Accompagnement Tarif de référence
Bilan d’orientation scolaire, 4 à 6 séances Environ 697 €
Accompagnement Parcoursup, 5 séances Environ 650 €
Accompagnement à la reconversion professionnelle, sur 3 mois À partir de 1 500 €

Ces tarifs correspondent à mon positionnement professionnel. Ils ne représentent pas une moyenne nationale ni des prix que chaque conseiller débutant pourrait automatiquement pratiquer.

D’autres professionnels peuvent proposer des prestations à des tarifs différents, notamment en fonction de leur expérience, de leur public et de leur méthode d’accompagnement.

Pour fixer vos propres prix, vous devez tenir compte du temps passé avec le client, mais aussi du travail de préparation, de recherche et de suivi réalisé entre les séances.

Trois simulations de chiffre d’affaires mensuel

Prenons trois exemples pour comprendre comment une activité de conseil en orientation peut fonctionner économiquement.

Exemple 1 : vous commencez en activité complémentaire

Vous conservez votre emploi et réalisez deux bilans d’orientation scolaire dans le mois.

2 bilans à 697 € = 1 394 € de chiffre d’affaires.

Cela peut représenter une première source de revenus complémentaires, à condition de disposer du temps nécessaire pour assurer les séances et leur préparation.

Exemple 2 : vous développez une activité centrée sur les jeunes

Vous proposez des bilans d’orientation scolaire et des accompagnements Parcoursup.

  • 4 bilans d’orientation à 697 € : 2 788 €
  • 2 accompagnements Parcoursup à 650 € : 1 300 €

Soit 4 088 € de chiffre d’affaires.

Cet exemple montre l’intérêt de proposer plusieurs accompagnements répondant à des besoins complémentaires.

Il faut cependant tenir compte de la saisonnalité. Les demandes liées à Parcoursup sont concentrées sur certaines périodes de l’année.

Exemple 3 : vous élargissez votre clientèle aux adultes

Après avoir développé les compétences nécessaires, vous choisissez d’accompagner également des personnes en reconversion professionnelle.

  • 3 bilans d’orientation scolaire à 697 € : 2 091 €
  • 2 accompagnements à la reconversion à 1 500 € : 3 000 €

Soit 5 091 € de chiffre d’affaires.

Cette diversification peut contribuer au développement de votre activité.

Elle suppose toutefois de maîtriser les problématiques propres à l’orientation et à la reconversion des adultes.

Ces exemples sont des simulations, et non des revenus garantis. Ils ne signifient pas non plus que toutes les prestations sont intégralement réalisées durant le mois de facturation : un accompagnement peut s’étendre sur plusieurs semaines ou plusieurs mois.

Attention : chiffre d’affaires ne signifie pas revenu net

Imaginons que vous réalisiez 4 000 € de chiffre d’affaires sur un mois.

Cela ne signifie pas que vous disposez de 4 000 € pour vos dépenses personnelles.

Vous devez notamment tenir compte des cotisations sociales, de votre fiscalité, de vos frais professionnels et des dépenses nécessaires au développement de votre activité.

Voici une simulation simplifiée :

Calcul illustratif Montant
Chiffre d’affaires encaissé 4 000 €
Provision hypothétique pour cotisations sociales (25 %) −1 000 €
Frais professionnels estimés −400 €
Solde avant impôt sur le revenu et autres ajustements 2 600 €

 

Le taux de 25 % est utilisé uniquement pour illustrer le calcul. Les cotisations réelles dépendent de votre régime et des règles applicables à votre activité.

En micro-entreprise, les frais professionnels ne sont pas déduits du chiffre d’affaires servant de base au calcul des cotisations sociales.

Enfin, vous devez anticiper les périodes plus calmes, les congés et le temps consacré à la gestion de votre entreprise.

Peut-on accompagner des adultes après s’être formé à l’orientation scolaire ?

Oui, et c’est justement l’une des possibilités d’évolution du métier de conseiller d’orientation indépendant.

On pourrait penser que l’orientation scolaire et la reconversion professionnelle sont deux domaines complètement différents. Pourtant, ils reposent sur plusieurs compétences communes.

Que vous accompagniez un lycéen qui hésite entre plusieurs études ou un adulte qui souhaite changer de métier, vous devez notamment savoir conduire un entretien, explorer ses intérêts, comprendre ses motivations et l’aider à construire un projet cohérent.

Certains outils peuvent également être similaires.

Par exemple, le modèle RIASEC permet d’explorer les intérêts professionnels aussi bien chez les jeunes que chez les adultes. Certains questionnaires de personnalité, notamment ceux fondés sur le modèle des Big Five, peuvent également enrichir la réflexion, à condition d’utiliser des outils adaptés au public et de respecter leurs conditions d’utilisation.

Ce qui change, ce n’est donc pas nécessairement l’ensemble de votre méthode, mais la manière dont vous l’adaptez à la personne accompagnée.

Avec un lycéen, vous devrez parfois guider davantage les recherches, expliquer le fonctionnement des formations et l’aider à découvrir des environnements professionnels qu’il connaît encore peu.

Avec un adulte, vous pourrez vous appuyer sur son parcours, ses expériences professionnelles, ses compétences déjà développées et ses contraintes personnelles ou financières.

Un adulte pourra aussi être plus autonome dans certaines démarches, même si cela dépend évidemment de sa situation et de ses besoins.

Faut-il suivre une deuxième formation pour accompagner des adultes ?

Pas nécessairement.

Si vous avez acquis des compétences solides en conseil en orientation scolaire, vous disposez déjà d’une base méthodologique intéressante pour envisager d’accompagner d’autres publics.

Vous n’avez donc pas forcément besoin de recommencer une formation complète depuis le début.

En revanche, vous devrez développer les connaissances spécifiques à l’orientation et à la reconversion professionnelle des adultes.

Il peut notamment s’agir de mieux connaître :

  • Les dispositifs de formation professionnelle continue.

  • Les possibilités de financement et les conditions d’accès aux formations.

  • La validation des acquis de l’expérience (VAE).

  • Les évolutions du marché de l’emploi et les réalités des métiers.

  • Les enjeux d’une transition professionnelle : perte de revenus, contraintes familiales, mobilité ou reprise d’études.

C’est pourquoi je considère qu’une formation solide en orientation scolaire peut constituer un excellent point de départ pour développer progressivement une activité auprès des adultes.

L’essentiel est de compléter vos connaissances et de ne proposer que des prestations correspondant à vos compétences.

Et concernant le bilan de compétences ?

Il faut distinguer l’accompagnement à la reconversion professionnelle du bilan de compétences au sens du Code du travail.

Le bilan de compétences est un dispositif réglementé qui comprend notamment trois phases : une phase préliminaire, une phase d’investigation et une phase de conclusions.

Si vous souhaitez proposer cette prestation, vous devrez respecter les obligations applicables aux organismes qui la réalisent. Les conditions d’accès à certains financements, notamment le CPF, obéissent également à des règles spécifiques.

Cela ne signifie pas pour autant qu’il faut obligatoirement posséder une licence de psychologie ou suivre une seconde formation complète pour accompagner des adultes.

Pour commencer, mon conseil est de commencer par maîtriser les fondamentaux de l’accompagnement en orientation, puis d’élargir progressivement votre activité en fonction des publics que vous souhaitez accompagner.

Vous pouvez très bien débuter auprès des collégiens et des lycéens, développer ensuite des accompagnements Parcoursup ou de réorientation étudiante, puis proposer des prestations adaptées aux adultes.

Vous n’êtes pas obligé de vous limiter à un seul public tout au long de votre carrière.

Peut-on vivre du métier de conseiller d’orientation indépendant ?

Oui, il est possible de développer une activité de conseil en orientation qui permette de générer des revenus suffisants pour en vivre.

Mais la réussite économique ne dépend pas uniquement des tarifs pratiqués.

Vous devez aussi être capable d’attirer des clients, de présenter clairement vos prestations et de construire une activité suffisamment régulière.

Et il ne faut pas oublier qu’un accompagnement vendu représente plusieurs heures de travail.

Par exemple, si vous proposez un bilan d’orientation sur six séances, vous devrez prévoir le temps nécessaire pour les réaliser, préparer vos entretiens et assurer le suivi du jeune.

Vous ne pourrez donc pas multiplier les accompagnements sans tenir compte de votre capacité de travail.

Mon conseil : commencez par définir les prestations que vous souhaitez maîtriser, calculez leur rentabilité réelle et construisez votre développement progressivement.

Vous pourrez ensuite envisager de nouvelles offres, comme l’accompagnement Parcoursup, la réorientation des étudiants ou la reconversion professionnelle, en fonction de vos compétences et des besoins de votre clientèle.

L’objectif n’est pas simplement de réaliser un chiffre d’affaires élevé. C’est de construire une activité professionnelle viable, dans laquelle vous pouvez accompagner vos clients sérieusement tout en vous rémunérant correctement.

8. Comment accompagner un jeune qui ne sait pas quoi faire plus tard ? Ma méthode des 3C

« Je suis perdu, je ne sais pas quoi faire plus tard. »

C’est une phrase que j’ai souvent entendue dans mon métier de psychologue spécialisée en orientation scolaire et professionnelle.

Mais avec l’expérience, j’ai appris une chose : deux jeunes peuvent prononcer exactement cette phrase et avoir besoin d’accompagnements très différents.

Car derrière le sentiment d’être perdu, il existe plusieurs situations.

Deux jeunes perdus, mais pas pour les mêmes raisons

Prenons deux exemples fictifs.

Thomas, 16 ans, n’a aucune idée de métier.

Lorsqu’on lui demande ce qu’il aimerait faire après le bac, il répond : « Je ne sais pas. »

Il connaît quelques professions très médiatisées, comme médecin, avocat ou ingénieur, mais il ignore la diversité des métiers existants.

Il ne connaît pas non plus les différences entre un BTS, un BUT, une licence ou une classe préparatoire.

Son problème n’est donc pas nécessairement qu’il manque de motivation ou qu’il ne possède aucun centre d’intérêt.

Il manque surtout de connaissances sur les métiers et les formations.

Comment pourrait-il choisir parmi des possibilités dont il ignore l’existence ?

Léa, 17 ans, a le problème inverse.

Elle s’intéresse à la psychologie, à la communication, au droit et aux ressources humaines.

Elle a déjà effectué des recherches, regardé des vidéos et consulté plusieurs formations sur Parcoursup.

Pourtant, plus elle découvre de possibilités, plus elle hésite.

Elle a peur de regretter son choix et cherche une formation qui lui permettrait de ne renoncer à aucune de ses envies.

Léa ne manque pas d’idées. Elle a du mal à les hiérarchiser et à prendre une décision.

Vous voyez la différence ?

Pour Thomas, le travail pourra commencer par élargir sa connaissance des métiers et des parcours de formation.

Léa, de son côté, aura davantage besoin d’identifier ses priorités, de comparer ses options et d’apprendre à faire un choix parmi plusieurs possibilités.

Dans les deux cas, proposer immédiatement une liste de métiers ou un questionnaire d’intérêts ne suffira pas.

Avant de chercher une solution, il faut comprendre la nature de la difficulté rencontrée par le jeune.

devenir conseiller d'orientation sans licence de psychologie

Ma méthode des 3C pour accompagner les choix d’orientation

Dans mon approche de l’orientation, je m’appuie sur trois dimensions complémentaires que j’appelle les 3C.

1.Se connaître

Avant de choisir une formation, il est important d’apprendre à mieux comprendre ses intérêts, ses motivations, ses valeurs et sa manière de fonctionner.

Qu’est-ce qui attire réellement le jeune ? Quelles activités lui plaisent ? Dans quels environnements se sent-il à l’aise ? Qu’est-ce qui compte pour lui dans son avenir ?

Ce travail peut s’appuyer sur des entretiens, des exercices de réflexion et, lorsque cela est pertinent, des questionnaires adaptés.

Mais mieux se connaître ne signifie pas qu’un test va révéler un métier idéal.

Il s’agit plutôt d’aider le jeune à identifier des éléments qui pourront guider ses recherches et ses décisions.

2. Connaître les métiers

C’est une dimension que je considère essentielle et qui est parfois sous-estimée.

Un adolescent ne peut pas se projeter vers un métier qu’il ne connaît pas.

Or, beaucoup de jeunes ont une représentation limitée du monde professionnel. Ils connaissent les métiers de leur entourage, ceux qu’ils voient dans les médias ou ceux dont on parle régulièrement à l’école.

Le rôle du conseiller est donc de les aider à découvrir d’autres possibilités, mais aussi à dépasser les idées reçues.

Quelles sont les missions du professionnel ? Dans quel environnement travaille-t-il ? Quelles compétences mobilise-t-il ? À quoi ressemble son quotidien ?

L’objectif n’est pas de multiplier les fiches métiers sans réflexion, mais de permettre au jeune de confronter ses intérêts à des réalités professionnelles.

3. Connaître les formations

Enfin, il faut comprendre les parcours qui permettent d’accéder aux domaines envisagés.

Un même secteur professionnel peut parfois être accessible par différentes voies d’études.

À l’inverse, deux formations aux intitulés proches peuvent proposer des enseignements, des modalités pédagogiques et des perspectives de poursuite d’études très différents.

Le conseiller aide donc le jeune à explorer les programmes, les conditions d’admission, les possibilités de poursuite d’études et les débouchés.

Cette étape permet de passer d’une envie parfois abstraite à des possibilités concrètes.

Pourquoi deux jeunes qui se disent « perdus » n’ont-ils pas forcément besoin du même accompagnement ?

Dans cette vidéo, je vous l’explique concrètement à l’aide d’une démonstration sur tableau, en m’appuyant sur mon expérience de psychologue spécialisée en orientation.

Découvrez mon explication en vidéo au lien suivant.

Pourquoi les 3C sont-ils complémentaires ?

Parce qu’aucune de ces dimensions ne suffit à elle seule.

Un jeune peut très bien connaître ses centres d’intérêt, mais ignorer les métiers qui pourraient lui correspondre.

Il peut aussi connaître de nombreuses formations sans parvenir à déterminer lesquelles répondent à ses aspirations.

Et parfois, il a déjà une idée de métier, mais ne sait pas quel parcours suivre pour y accéder.

L’orientation se construit à la rencontre de la connaissance de soi, de la connaissance des métiers et de la connaissance des formations.

Cela ne signifie pas que chaque accompagnement doit suivre exactement le même déroulement.

Selon la situation du jeune, certaines dimensions demanderont davantage de travail que d’autres.

C’est précisément pour cela que je considère qu’un conseiller d’orientation doit apprendre à adapter son accompagnement plutôt qu’à appliquer mécaniquement une méthode identique à toutes les familles.

Un bon accompagnement ne consiste pas à choisir à la place du jeune

Je tiens particulièrement à cette idée.

Lorsqu’une famille consulte un conseiller d’orientation, elle espère souvent repartir avec des réponses claires. C’est compréhensible.

Mais notre rôle n’est pas de décider qu’un adolescent doit devenir ingénieur, infirmier ou juriste parce que son profil semble correspondre à ces métiers.

Notre rôle est de lui donner les moyens de comprendre ses possibilités, de questionner ses envies et de construire une décision éclairée.

Un jeune qui termine son accompagnement avec deux ou trois pistes sérieusement explorées, une meilleure compréhension des formations et un plan d’action concret peut avoir réalisé un véritable progrès.

Même s’il n’a pas encore choisi le métier qu’il exercera à 30 ans.

Pour moi, un accompagnement en orientation réussi ne consiste pas à prédire l’avenir d’un jeune. Il consiste à l’aider à devenir progressivement acteur de ses choix.

C’est cette vision de l’orientation que je défends dans mon cabinet Orientation Sereine et que je transmets également aux personnes qui souhaitent devenir conseillers d’orientation indépendants.

9. Pourquoi je forme des conseillers d’orientation qui ne sont pas psychologues

Je suis psychologue spécialisée en orientation scolaire et professionnelle. J’ai exercé au sein de l’Éducation nationale avant de créer mon cabinet indépendant, Orientation Sereine, en 2022.

Alors, pourquoi ai-je choisi de former des personnes qui ne possèdent pas nécessairement de diplôme en psychologie ?

Parce que je suis convaincue d’une chose : il n’est pas indispensable d’être psychologue pour aider un jeune à réfléchir à son orientation, à condition de disposer des compétences nécessaires et de respecter les limites de son rôle.

devenir conseiller d'orientation sans licence en psychologie

L’orientation ne se résume pas à la psychologie

La psychologie apporte des connaissances précieuses pour comprendre le fonctionnement humain, les motivations, les processus de décision et certaines difficultés rencontrées par les jeunes.

Ces connaissances occupent naturellement une place importante dans ma manière d’accompagner.

Mais le conseil en orientation mobilise également d’autres compétences.

Il faut connaître le système éducatif, comprendre les parcours de formation, savoir explorer les métiers, conduire des entretiens et aider une personne à construire un projet.

Un professionnel issu de l’enseignement, de l’insertion, des ressources humaines ou de la formation peut donc posséder des acquis intéressants pour exercer ce métier.

Il devra néanmoins apprendre à les adapter aux spécificités de l’orientation scolaire.

Ce n’est pas uniquement le diplôme d’origine qui détermine la qualité d’un accompagnement. C’est aussi la formation suivie, la maîtrise des compétences professionnelles et la capacité à reconnaître ses limites.

Ce que mon expérience m’a appris sur l’accompagnement des jeunes

Lorsque j’exerçais dans l’Éducation nationale, je rencontrais des jeunes aux parcours et aux préoccupations très différents.

Certains avaient besoin d’informations sur les formations. Pour d’autres, la difficulté consistait à départager plusieurs projets. Il arrivait aussi que des jeunes aient du mal à se projeter, notamment lorsqu’ils manquaient de confiance dans leurs capacités ou ressentaient une pression importante autour de leurs choix.

En créant mon cabinet, j’ai continué à observer cette diversité de situations.

Ces expériences ont renforcé une conviction : on ne peut pas accompagner tous les jeunes de la même manière.

C’est aussi pour cette raison que j’accorde autant d’importance à la conduite des entretiens et à l’analyse de la demande.

Avant de proposer des pistes, il faut comprendre ce que la personne attend réellement de l’accompagnement.

Et avant d’utiliser un outil, il faut savoir pourquoi on l’utilise et ce que ses résultats pourront apporter à la réflexion.

Former des professionnels, pas simplement transmettre des outils

Lorsque j’ai créé ma formation « Devenir conseiller d’orientation indépendant », je ne souhaitais pas proposer uniquement une bibliothèque de tests ou une liste de ressources sur les métiers.

Bien sûr, les outils et les connaissances sur les formations ont leur importance.

Mais je voulais surtout transmettre une manière de réfléchir et d’accompagner.

Comment réagir lorsqu’un adolescent n’arrive pas à exprimer ses envies ? Comment distinguer un manque d’informations d’une difficulté à prendre une décision ? Comment accueillir les attentes des parents sans imposer leur projet au jeune ? Comment reconnaître une situation qui dépasse ses compétences ?

Ce sont des questions auxquelles un conseiller d’orientation peut être confronté dans sa pratique.

Et ce sont précisément ces situations qui montrent pourquoi le conseil en orientation est un métier qui s’apprend, même lorsqu’aucun diplôme spécifique n’est légalement exigé pour exercer en indépendant.

Ma vision : rendre les jeunes acteurs de leur orientation

Je ne considère pas qu’un conseiller d’orientation doit trouver le métier idéal à la place du jeune.

Je considère qu’il doit lui permettre de mieux se connaître, de découvrir les possibilités qui s’offrent à lui et de développer sa capacité à faire des choix.

C’est la logique de ma méthode des 3C : se connaître, connaître les métiers et connaître les formations.

Cette approche ne consiste pas à appliquer systématiquement les mêmes exercices à chaque adolescent.

Elle consiste à comprendre ses besoins et à l’accompagner dans une réflexion structurée.

Et cette vision peut aussi s’appliquer à d’autres étapes de la vie.

Un étudiant qui souhaite se réorienter ou un adulte qui envisage une reconversion professionnelle a lui aussi besoin de mieux comprendre ses aspirations, d’explorer les métiers et d’identifier les parcours possibles.

Les enjeux et les modalités d’accompagnement évoluent, mais plusieurs compétences fondamentales restent communes.

C’est cette base professionnelle que je souhaite transmettre aux futurs conseillers d’orientation indépendants : une méthode, une posture et la capacité d’adapter leur accompagnement aux personnes qu’ils reçoivent.

Vous n’avez pas besoin d’avoir suivi mon parcours pour exercer ce métier. En revanche, vous devez prendre au sérieux la responsabilité qui consiste à accompagner une personne dans des décisions importantes pour son avenir.

Et si vous passiez de l’idée au projet ?

Vous souhaitez devenir conseiller d’orientation indépendant, mais vous ne savez pas encore par où commencer ? Mon guide gratuit vous aidera à faire le point et à avancer dans votre réflexion.

Téléchargez votre guide gratuit ici

10. FAQ : devenir conseiller d’orientation sans licence de psychologie

Peut-on devenir conseiller d’orientation sans diplôme ?

Oui, il est possible d’exercer une activité de conseil en orientation indépendant sans diplôme spécifique obligatoire en France.

En revanche, cela ne signifie pas que vous pouvez exercer toutes les missions d’un psychologue de l’Éducation nationale.

Pour accompagner des jeunes sérieusement, je recommande de suivre une formation adaptée afin d’acquérir les compétences nécessaires à la conduite des entretiens, à la connaissance des parcours scolaires et à l’accompagnement des choix d’orientation.

Peut-on devenir conseiller d’orientation après une reconversion professionnelle ?

Oui. Le conseil en orientation indépendant est une possibilité de reconversion pour des personnes issues de différents secteurs, notamment l’enseignement, les ressources humaines, l’insertion ou la formation.

Votre expérience professionnelle peut constituer un atout, particulièrement si vous avez déjà développé des compétences d’écoute, d’entretien ou d’accompagnement.

Il faudra néanmoins vous former aux spécificités de l’orientation scolaire et préparer la création de votre activité.

Peut-on devenir conseiller d’orientation à 40 ou 50 ans ?

Oui, il n’existe pas de limite d’âge générale pour créer une activité de conseil en orientation indépendant.

Une expérience professionnelle de plusieurs années peut même enrichir votre pratique, notamment grâce à votre connaissance du monde du travail.

L’essentiel est d’évaluer vos compétences, vos besoins de formation et la faisabilité financière de votre projet.

Peut-on utiliser des tests d’orientation sans être psychologue ?

Oui, certains questionnaires d’intérêts professionnels sont accessibles aux conseillers d’orientation qui ne sont pas psychologues.

Cependant, les conditions d’utilisation varient selon les outils. Certains tests nécessitent des qualifications spécifiques ou une formation particulière.

Il est donc indispensable de vérifier les exigences de l’éditeur et de ne pas présenter les résultats d’un questionnaire comme une réponse définitive au choix d’orientation d’un jeune.

 

Peut-on accompagner des adultes après une formation en orientation scolaire ?

Oui. Les compétences acquises en conseil en orientation scolaire peuvent constituer une base solide pour accompagner des étudiants en réorientation ou des adultes en transition professionnelle.

La conduite des entretiens, l’exploration des intérêts et l’accompagnement à la prise de décision sont notamment des compétences transférables.

Vous devrez toutefois compléter vos connaissances sur les dispositifs de formation professionnelle, les financements et les réalités de la reconversion des adultes.

Une deuxième formation complète n’est pas systématiquement nécessaire, mais des apprentissages complémentaires peuvent l’être.

 

Peut-on financer une formation de conseiller d’orientation indépendant avec le CPF ?

Cela dépend de la formation choisie.

Toutes les formations de conseiller d’orientation indépendant ne sont pas éligibles au CPF.

L’éligibilité dépend notamment du dispositif de formation et des conditions réglementaires applicables.

Avant de vous inscrire, vérifiez directement si la formation est proposée sur la plateforme officielle Mon Compte Formation.

D’autres possibilités de financement peuvent exister selon votre situation, mais elles nécessitent une vérification auprès des organismes concernés.

 

Peut-on devenir conseiller d’orientation indépendant tout en étant salarié ?

Oui, il est possible de développer une activité indépendante en complément d’un emploi salarié, sous réserve de respecter les obligations applicables à votre situation.

Vous devrez notamment vérifier votre contrat de travail, les éventuelles clauses restrictives et votre obligation de loyauté envers votre employeur.

Si vous êtes agent public, les règles de cumul d’activités sont spécifiques et peuvent nécessiter une autorisation préalable.

Commencer progressivement peut être une solution pour acquérir de l’expérience, tester votre offre et développer votre clientèle avant d’envisager une reconversion à temps plein.

Devenir conseiller d’orientation sans licence de psychologie : et si c’était votre prochaine étape professionnelle ?

Vous l’avez compris : il est tout à fait possible de devenir conseiller d’orientation indépendant sans licence de psychologie.

Que vous veniez de l’enseignement, des ressources humaines, de la formation ou d’un secteur complètement différent, votre parcours professionnel peut constituer un point de départ intéressant.

Mais ne pas avoir besoin d’un diplôme spécifique ne signifie pas que l’on peut accompagner des jeunes sans préparation.

Savoir mener un entretien, comprendre les hésitations d’un adolescent, explorer ses intérêts, connaître les métiers et les formations : ce sont de véritables compétences professionnelles.

Et c’est justement ce qui me passionne dans ce métier.

L’orientation ne consiste pas à dire à quelqu’un ce qu’il devrait faire de sa vie. Elle consiste à lui donner les moyens de construire ses propres choix.

C’est la vision que je défends depuis mes débuts comme psychologue de l’Éducation nationale et que je transmets aujourd’hui aux futurs conseillers d’orientation indépendants.

Et si vous souhaitez vous lancer, retenez une chose : vous n’êtes pas obligé de tout savoir dès le départ, ni de vous limiter toute votre carrière à un seul public.

Vous pouvez commencer par vous former à l’orientation scolaire, développer vos compétences auprès des adolescents, puis envisager d’accompagner des étudiants ou des adultes en reconversion professionnelle.

L’essentiel est de commencer avec un cadre solide et d’évoluer progressivement.

Vous envisagez de devenir conseiller d’orientation indépendant ?

J’ai créé un guide gratuit pour découvrir le métier de conseiller d’orientation indépendant et vous aider à avancer dans votre réflexion.

Vous pourrez notamment mieux comprendre les compétences à développer et les premières questions à vous poser avant de vous lancer.

Téléchargez gratuitement ici mon guide et faites un premier pas concret vers votre projet de reconversion.

Vous souhaitez aller plus loin et découvrir comment vous former à ce métier ? Je propose également une formation à distance, « Devenir conseiller d’orientation indépendant », destinée aux personnes qui souhaitent acquérir les compétences nécessaires pour accompagner les jeunes et préparer leur activité.

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